Archives de Catégorie: Dysphasie

Un modèle de persévérance scolaire

Récemment, je suis tombée sous le charme du blogue de Charles McKenna, un jeune adulte qui pourrait être qualifié de « modèle de persévérance scolaire ».

Ayant reçu un diagnostic de dysphasie, apraxie et dyspraxie, ce jeune homme résume sur son site son enfance et son parcours scolaire parsemé de réussites et d’embûches . Je vous invite fortement à découvrir son histoire à la fois intéressante et inspirante.

L’adresse du blogue est la suivante: http://www.mckennacharles.com/accueil

Je termine cet article avec cette citation tirée du site en question qui résume efficacement le message d’espoir et de persévérance véhiculé par Charles:

« On se demande pourquoi on n’est pas comme les autres, pourquoi ça semble si facile pour eux et si difficile pour nous. C’est vrai que ce n’est pas facile, que l’on peut se décourager et que nos années d’école au primaire et au secondaire ne sont pas évidentes à traverser. Plusieurs abandonnent, par contre, j’ai une bonne nouvelle pour vous : j’ai réussi! Eh oui! J’ai réussi à avoir mon diplôme d’études secondaires (D.E.S.) et j’en suis très fier! Pas un diplôme  adapté! Un diplôme comme les autres. Alors pour ceux et celles qui aimeraient avoir leur diplôme, et peu importe d’où vient le diplôme, et qui pensent que ce n’est pas possible : ERREUR! C’est possible! Il faut simplement que vous y croyez et il ne faut JAMAIS lâcher! »

Bonne lecture,

Madame Suzie

Publicités

Une première communication orale scientifique

Le 12 mars dernier, j’ai réalisé, dans le cadre du Colloque éducatif présent de l’Université de Montréal, ma première communication orale scientifique.

IMG_3759

L’objectif de ma présentation était de dresser un portrait de mon projet de maîtrise à travers les trois premiers chapitres de mon mémoire (la problématique, le cadre théorique et la méthodologie envisagée). Cet exercice m’a permis de synthétiser les informations issues de ma recherche et de recueillir des suggestions quant à son amélioration. Des étudiants qui connaissaient bien la clientèle ciblée dans mon projet m’ont donné, par exemple, quelques idées pour faciliter la participation des jeunes dysphasiques dans ma collecte de données.

Ma communication orale devait durer 20 minutes (chronométrées). Il était donc important que je me pratique à quelques reprises pour m’assurer de respecter le temps alloué. Il est préférable, selon moi, de préparer une présentation plus courte que le temps permis. Pourquoi? Simplement parce que la nervosité peut nous jouer des tours et déranger la fluidité de notre discours. En effet, lorsqu’il restait 5 minutes à ma communication orale, un étudiant dans la salle m’a fait un signe. À ce moment, j’étais soulagée de constater que j’allais avoir suffisamment de temps pour terminer ma présentation, même si mon introduction avait été dérangée par ma nervosité.

Je vous conseille également, pour un événement semblable, de réaliser une présentatique épurée. Je sais que vous aurez plusieurs informations à transmettre, mais elles n’ont pas à se retrouver intégralement dans vos diapositives! Usez de créativité pour transmettre efficacement l’idée principale de chacune de vos diapositives. Utiliser des citations clés, des figures, des tableaux ou des objets SmartArt sont quelques techniques permettant de varier vos manières de présenter les informations les plus importantes.

Lors de ce colloque, j’ai également assisté à deux ateliers sur la rédaction d’articles scientifiques et professionnels, des conférences et une table ronde. Ce fut pour moi une expérience à la fois enrichissante et stimulante. Je vous conseille fortement de participer à des événements semblable puisque ce type d’activité demeure, selon moi, un tremplin motivationnel quant à la poursuite rigoureuse de son mémoire.

Madame Suzie

La dyspha…quoi?

Ces temps-ci, plusieurs personnes me demandent quel est le sujet de mon mémoire. Je leur explique alors que je m’intéresse aux comportements parentaux qui favorisent l’autodétermination des adolescents dysphasiques. La plupart du temps, ces mêmes personnes me répondent :

-Ah c’est intéressant…mais qu’est-ce que c’est au juste la dysphasie?

Eh bien, je tenterai, dans cet article, de répondre brièvement à cette question.

Image

Qu’est-ce que la dysphasie?

« La dysphasie, bien plus qu’une simple maladie, est l’histoire malheureuse d’un enfant avec son langage. »

(Gérard, 1993, p.11)

Gérard (2003) élabore une définition de la dysphasie qui tient compte de la littérature (Rapin et Allen, 1983; Woods, 1985 cités par Gérard, 2003). Selon lui, « la dysphasie se définit par l’existence d’un déficit durable des performances verbales, significatif en regard des normes établies pour l’âge » (p.12). Le diagnostic de la dysphasie et son niveau d’atteinte chez l’enfant sont posés par l’orthophoniste et ce, généralement après l’âge de 6 ans (Ryckebusch, 2008). Il touche généralement 1% de la population scolaire et davantage les garçons que les filles (Amar-Tuillier, 2004, Franc et Gérard, 2004).

Il existe trois types de dysphasies selon les classifications internationales et celles-ci ont différentes formes. En effet, les manifestations de ce trouble du langage sont fort hétérogènes auprès des personnes atteintes. La dysphasie dite réceptive ou agnosie auditivoverbale affecte la réception du langage oral. Ce type de dysphasie demeure à la fois rare et très grave (Billard, 2002). Les élèves ont alors de la difficulté à analyser les sons, particulièrement ceux qui ont des ressemblances phonologiques, bien qu’ils entendent les messages transmis (Amar-Tuillier, 2004). Le langage peut alors être problématique phonologiquement ou tout simplement absent (Soares-Boucaud et al., 2009). Les dysphasies dites expressives sont plus communes et dérangent quant à elles la production du langage oral (Billard, 2002; Ryckebusch, 2008). Selon Amar-Tuillier (2004), les enfants ayant une dysphasie expressive ont de la difficulté à transmettre un message puisqu’ils n’arrivent pas à choisir les bons mots ou à composer des phrases syntaxiquement acceptables. Selon Ryckebush (2008), plusieurs jeunes sont atteints d’une dysphasie mixte qui combine ces deux formes.

À l’école, un élève présentant une dysphasie a un trouble spécifique du développement du langage. La spécificité de son trouble résulte du fait que la dysphasie « n’est pas la résultante d’un autre trouble » (Ryckebusch, 2008). Ainsi, pour être considéré comme dysphasique, l’élève ne doit pas, par exemple, être atteint d’une déficience intellectuelle, de problèmes neurologiques ou d’un trouble envahissant du développement (Chevrie-Muller, 1996; Gérard, 2003; Ryckebusch, 2008). Toutefois, le développement de l’enfant demeure anormal et plusieurs difficultés ou troubles associés à sa vie affective, sociale, familiale et scolaire en découlent (Desjardins, 2006). En effet, des « troubles de l’attention, de la mémoire, de la motricité et/ou du comportement (hyper ou hypo activité) s’associent souvent à la dysphasie et sont directement liés au trouble neurologique » (Romagny, 2008, p.48).

Les élèves présentant ce trouble du langage ont souvent plusieurs difficultés dont les manifestations diffèrent en fonction du degré d’atteinte. Ces élèves ont, entre autres,:

« des difficultés marquées ce qui a trait à l’expression et à la compréhension des phrases, tant à l’oral qu’à l’écrit : grammaire (morphologie), non-respect de l’ordre des mots (syntaxe), incompréhension ou absence de phrases complexes, des difficultés marquées de compréhension en lecture, peu de liens de causalité entre les idées et les épisodes d’un récit, un vocabulaire limité, etc. » (CSQ, 2013, p.24).

De plus, la dysphasie engendre dans la plupart des cas des troubles du langage écrit et des symptômes psychopathologiques reliés au fait que l’enfant communique peu (Soares-Boucaud et al., 2009). Des difficultés gênantes dans l’apprentissage du langage écrit sont souvent rencontrées chez les élèves dysphasiques puisqu’il « existe une importante continuité entre l’oral et l’écrit » (Soares-Boucaud et al., 2009, p. 5).

Bien que leurs difficultés soient importantes, plusieurs élèves dysphasiques peuvent obtenir un diplôme et peuvent réussir (Franc et Gérard, 2004). Parmi les modèles de persévérance connus, une personne m’inspire particulièrement : ma sœur.

Diagnostiquée dysphasique à l’âge de 6 ans, cette dernière demeure un exemple de persévérance pour tous. Compilant difficultés et échecs, elle a tout de même su réussir malgré son trouble du langage. Elle détient aujourd’hui deux diplômes : son diplôme d’études secondaires et son diplôme d’études professionnelles.

En plus d’être fort persévérante, ma sœur avait la chance de pouvoir compter sur mes parents. En effet, ces derniers se sont grandement impliqués dans son cheminement scolaire et elle leur doit une partie de sa réussite. « Sans mes parents et mes sœurs, je n’aurais jamais eu mes diplômes » dit-elle fièrement

Selon moi, l’accompagnement du parent dans le cheminement scolaire de l’enfant diagnostiqué dysphasique est primordial pour favoriser sa réussite et c’est un peu ce que je vais essayer de démontrer durant les deux prochaines années dans le cadre de mon mémoire…

Maintenant, vous comprenez davantage ce qu’est la dysphasie, bien que plusieurs autres informations puissent compléter cette définition. Ce sera l’objectif d’un prochain article 😉

Références

Amar-Tuillier, A. (2004). Mon enfant souffre de troubles du langage et des apprentissages. Paris: La Découverte.

Billard, C. (2002). Les troubles du langage chez l’enfant. Journal de Pédiatrie et de Puériculture, 15(3), 153-159. doi: http://dx.doi.org/10.1016/S0987-7983(02)83039-0

Chevrie-Muller, C. (1996). Le langage de l’enfant. Paris: Masson.

Desjardins, V. (2006). Le développement professionnel d’enseignants intervenant auprès d’élèves dysphasiques. Université du Québec à Montréal, Montréal. Retrieved from http://www.archipel.uqam.ca/2909/

Fédération des syndicats de l’enseignement (CSQ). (2013). Référentiel-Les élèves à risque et HDAA. St-Joseph: Fédération des syndicats de l’enseignement (CSQ).

Franc, S., & Gérard, C. L. (2004). Devenir scolaire des enfants dysphasiques. Approche neuropsychologique des apprentissages chez l’enfant(76-77), 123-132.

Gérard, C. L. (1993). L’enfant dysphasique. Bruxelles: De Boeck Université.

Gérard, C. L. (2003). L’enfant dysphasique. Bruxelles: De Boeck.

Romagny, D.-A. (2008). Repérer et accompagner les troubles du langage, outils pratiques, mesures pédagogiques, adaptatives et rééducatives. Lyon : Chronique sociale.

Ryckebusch, C. (2008). À l’école aussi, à chacun sa dysphasie… Troubles du langage et apprentissages, 2, 19-28.

Soares-Boucaud, I., Labruyère, N., Jery, S., & Georgieff, N. (2009). Dysphasies développementales ou troubles spécifiques du développement du langage. Elsevier Masson- Psychiatrie/Pédopsychiatrie(37-201-E-15). doi: 10.1016/S0246-1072(09)48131-8

%d blogueurs aiment cette page :